Greetings from: Some of the Missing Ones Festival

14 Février 2018
@Brigou.ch

					

C’était il y a deux semaines, par des températures glaciales dont Chaux-de-Fonds garde chaudement le secret. Lové dans les courbes enchanteresses et inhospitalières du Jura, le Bikini Test se gaussait du mercure et accueillait les premières soirées de sa saison de soutien. Difficile, pour le coup, de pousser plus loin la métaphore d’un certain organe vital… Le Some of the Missing Ones Festival y implantait sa troisième édition.

Talents helvétiques en vrac, songwriters de goût, graphistes ingénieux, visionnaires égarés; difficile, inutile de retranscrire la profonde impression de vacarme méthodique frappant un public nombreux et comme grisé par le cadre dans lequel il se trouvait propulsé. Du grenier aux toilettes, de la cave au club, des voûtes au plancher s’organisait une véritable course créative où chacun prenait le temps d’orchestrer son crash idéal.

Some of the Missing Ones troisième du nom: deux soirs pour prendre le pouls débridé d’une scène outrageusement riche et le sentiment, surtout, de s’inviter dans la tête d’un de ses curateurs, habitué des collaborations éclatantes et autres sorties de routes marquantes; Louis Jucker, affairé pour le coup à récupérer sur bande les performances de ses invités, laissait sentir sa patte effrénée derrière l’événement.

A la manière d’une carte postale, autant représentative qu’elle est réductrice, c’est avec un morceau intemporel de la prestation du Zürichois Long Tall Jefferson qu’on s’en est revenus. Cinq étoiles (dont une gracieusement empruntée à Jean Ferrat) tirées d’une constellation enivrante qu’on espère ici aider à rayonner sur une scène romande au moral parfois brumeuse.